Inde/1955-1958/N&B/ VOST/Drame
Fils d'une famille aux multiples activités artistiques (son père et son grand-père étaient peintres, écrivains, photographes), Satyajit Ray est né à Calcutta le 2 mai 1921. Deux ans plus tard, son père meurt; l'entreprise familiale (une imprimerie) est liquidée et le jeune enfant confié à son oncle maternel.
Après avoir obtenu une licence d'économie, Satyajit Ray rentre à l'université de Santiniketan (1940-1942) qui est sous la direction de son créateur, le grand poète indien Rabindranath Tagore. Là, il s'initie à toutes les formes d'arts graphiques et étudie les arts de tous les pays sans que soient sacrifiés les traditions indiennes et leurs idéaux ainsi que le souhaite l'esprit de cette université.
De retour à Calcutta, il crée le premier ciné-club indien, la Calcutta Film Society, puis devient directeur artistique dans une agence de publicité britannique. Cette activité le conduit deux années durant (1949-1950) à Londres et il en profite pour découvrir tous les grands classiques du cinéma européen. C'est la méthode de tournage employée par De Sica dans Le voleur de bicyclette qui l'encouragea à préparer, en indépendant, son premier film tiré d'un livre "Pather Panchali" dont il avait illustré la couverture...
{slide=détail de la trilogie}
Le tournage de ce film, premier d'une trilogie sur l'enfance (Pather Panchali, Aparajito, Apur Sansar) dura deux ans et demi. Ces difficultés n'apparurent pas à l'écran puisqu'il reçut le Prix du Document Humain à Cannes en 1956 et obtint un très grand succès en Inde. Satyajit Ray s'intéressa aussi à la condition de la femme dans Mahanajdeva et Charulata.
Puis, dans les années 70, il cessa de tourner des films situés dans le passé pour explorer les problèmes contemporains de l'Inde.
Ravi Shankar a composé la musique de film pour la Trilogie d'Apu. Satyajit Ray est l'auteur de toutes les musiques de ses autres films dont il assure également les cadrages.
1955 La complainte du sentier (Pather Panchali)
Dans un petit village du Bengale, un enfant prénommé Apu, naît dans une famille de pauvres gens, où il y a déjà une fillette, Durga. La vie est dure et le père, un lettré qui vit dans ses rêves, ne parvient pas à nourrir tout le monde.
1957 L'invaincu (Aparajito)
1920, Apu et ses parents habitent à Bénarès, la ville sainte de l'hindouisme. Mais bientôt, victime d'un malaise sur les "ghats", le père meurt, et la mère décide de revenir à la campagne avec Apu, en souhaitant qu'il devienne prêtre. Cependant, Apu désire poursuivre ses études, et sa mère finit par accepter, sacrifiant toutes ses ressources pour lui.
1958 Le salon de musique (Jalsaghar)
Roy, aristocrate de la caste de "Zamindar", propriétaire terrien oisif, médite. Assis, sur la terrasse de son palais, le regard vide, braqué sur l'horizon marin, il songe à sa grandeur passée. À cette époque, imbu de la noblesse de sa caste, de ses droits, et de ses vertus, le Maharajah satisfaisait à sa passion pour la musique et la danse en organisant des réceptions toujours plus ruineuses dans le salon de musique.
1959 Le monde d'Apu (Apur Sansar)
À Calcutta, dans les années trente, Apu doit renoncer à poursuivre ses études, et cherche du travail, sans succès : soit on lui rétorque qu'il est trop qualifié, soit on ne lui laisse qu'un travail vraiment ingrat.
1960 La déesse (Maharajdevi)
A Chandipur, Kalikinkar Roy, riche propriétaire terrien, voue un culte profond à la déesse Kali. Ses deux fils, l'un et l'autre mariés, ont une attitude bien différente devant le sentiment religieux de leur père
1964 Charulata
1879, dans une Inde en effervescence et un Bengale en pleine renaissance culturelle... Le riche bourgeois libéral Bhupati s'efforce de lutter contre la domination britannique et rêve d'une défaite des Conservateurs aux prochaines élections qui amènerait un gouvernement tenant compte des intérêts de l'Inde. Pour cela, il consacre son temps et sa fortune au petit journal politique qu'il a créé : " La Sentinelle". Cette passion, cet engagement, l'éloigne peu à peu de Charulata, son épouse.
1977 Les joueurs d'échec (Shairanj Ka Kilhari)
Mir et Mirza, propriétaires terriens du Royaume musulman d'Oudh, se livrent à d'interminables parties d'échecs en fumant leur "hooka". En cette année 1856, la Compagnie des Indes songe fortement à annexer le royaume et à déposer le souverain Wajid
Les films composant la Trilogie d'Apu sont adaptés d'un roman-feuilleton de Bibhutibhsan Banerjee, publié dans un périodique populaire à partir de 1928. Seize ans après, Ray, fraîchement sorti de l'école d'arts plastiques, illustre une réédition pour enfants et il en pressent déjà toutes les possibilités cinématographiques : " J'ai choisi Pather Panchali pour ses qualités qui en font un grand livre : son humanisme, son lyrisme et sa vérité. (...) Le script devait conserver le caractère désordonné du roman, parce que c'était ainsi, et ainsi seulement, que l'on pourrait lui garder son cachet d'authenticité : le désordre est en effet une des caractéristiques de la vie dans un village du Bengale " (Satyajit Ray). Cette fresque dramatique retrace l'apprentissage d'un homme confronté à la réalité du monde, l'humble existence des familles, le rythme des saisons, la mort inextricablement liée à la vie. Une grande partie du roman de Banerjee est autobiographique, et évoque la vie rurale du Bengale.
(Pather Panchali)
Inde/1955/1h55/N&B/VOST (Bengali/Fr)/Drame de l'enfance
Générique
Réalisateur : Satyajit Ray
Scénario : Satyajit Ray, d'après le roman "Pather Panchali" de Bibhutibhusan Banerjee
Acteurs : Kanu Banerjee (Harihar Ray), Karuna Banerjee (Sarbajaya Ray), Subir Banerjee (Apu), Runki Banerjee (Durga à six ans), Uma Das Gupta (Durga à douze ans), Chunibala Devi (Indir Thakurum), Reba Devi (Seja Thakrun), Aparna Devi (Madame Nilmoni), Tulsi Chakravarty (Prosanna, le maître d'école), Binoy Mukherjee (Baidyanath Majumdar), Haren Banerjee (le marchand de bonbons), Harimohan Nag (le médecin), Haridhan Nag (Chakravarty), Nibhanani Devi (Dasi), Kshirod Roy (le prêtre), Roma Ganguli (Ranu), Putul Rani (Tunu), Manju (Teppy), Shyamal (Sude), Aparna Sen (Bini)
Image : Subrata Mitra
Montage : Dulal Dutta
Musique : Ravi Shankar
Direction artistique : Bansi Chandragupta
Production : Productions Satyajit Ray, Gouvernement du Bengale Ouest
Le film
Dans un petit village du Bengale, un enfant prénommé Apu, naît dans une famille de pauvres gens, où il y a déjà une fillette, Durga. La vie est dure et le père, un lettré qui vit dans ses rêves, ne parvient pas à nourrir tout le monde. Durga et sa mère pilent le manioc et épluchent les légumes. Apu grandit et va à l'école. Il écoute les histoires que lui conte et chante à la veillée Tante Indir:" Je vous attends, ô passeur qui devez me conduire sur l'autre rive. Vous êtes bon et n'abandonnerez pas le pauvre parmi les pauvres... "
Fasciné par une troupe de théâtre ambulant, Apu se déguise en roi. Il court pour voir passer le train... tante Indir meurt. Le père, en sa qualité d'ancien Brahmane, est sollicité pour présider une cérémonie d'initiation. Il s'absente pendant plusieurs mois. A son retour, Durga qui a pris froid sous la pluie, est morte. La famille décide alors de quitter cette terre inhospitalière et de partir pour la ville. Un serpent pénètre dans la maison déserte tandis que le char à buffle s'éloigne vers Bénarès...
Premier film, tourné avec un budget dérisoire, de Satyajit Ray. Premier volet de la trilogie de l'histoire d'Apu dont l'auteur ignorait en la racontant qu'elle donnerait lieu à une trilogie. Premier film d'auteur à part entière du cinéma indien, totalement dégagé des genres et des règles traditionnelles du cinéma. On notera particulièrement l'absence totale de chanson.
En quête d'universalité, le film tente de la trouver dans la description d'un contexte très particularisé : un village perdu de Bengale au début du siècle, petit fragment d'un univers dont l'équilibre et les rites séculaires sont encore très présents quoique déjà engagés dans une mutation considérable et irréversible (Déjà ces rites ne suffisent plus à assurer la subsistance de ceux qui sont censés les célébrer). Apu découvre autour de lui un monde de relations et de croyances qui existe encore dans une sorte d'éternité. Mais cette éternité touche en quelque sorte à sa fin. Elle va bientôt se briser et, sur cette cassure, les expériences ultérieures d'Apu nous renseignerons mieux. Pour le moment une apparente immobilité, une apparente sérénité assourdissent encore le bruissement d'une intense agitation souterraine : cette évidence sensible se dégage d'un film qui, première étape d'un long roman d'apprentissage, se termine de manière très significative par le début d'un voyage.
(Aparajito)
Inde/1956/1h48/N&B/VOST (Bengali/Fr)/Drame de l'adolescence
Générique
Réalisateur : Satyajit Ray
Scénario : Satyajit Ray, d'après le roman "Pather Panchali" de Bibhutibhusan Banerjee
Acteurs : Kanu Banerjee (Harihar), Karuna Banerjee (Sarbajaya), Pinaki Sen Gupta (Apu enfant), Smaran Ghosal (Apu adolescent), Santi Gupta (Madame Lahiri), Ramani Sengupta (Bhabataran), Ranibala (Teli), Sudipta Roy (Nirupama), Ajay Mitra (Anil), Charuprakash Ghosh (Nanda), Subodh Ganguli (le directeur de l'école), Mani Srimani (l'inspecteur), Hemanta Chatterjee (le professeur), Kali Banerjee (Khatak), Kalicharan Roy (l'imprimeur), Kamala Adhikari (Moksada), Lalchand Banerjee (Lahiri), K.S. Pandey (Pandey), Meenakshi Devi (Madame Pandey), Anil Mukherjee (Abinash), Harendrakumar Chakravarti (le médecin), Bhaganu Palwan (Palwan)
Image : Subrata Mitra
Montage : Dulal Dutta
Musique : Ravi Shankar
Direction artistique : Bansi Chandragupta
Production : Epic Films
Le film
En 1920, Harihar Ray est venu s'installer avec sa femme, Sarbojaya, et ses enfants, dont Apu, à Bénarès, la ville sainte de l'hindouisme. Mais bientôt, victime d'un malaise sur les "ghats", le père meurt, et la mère décide de revenir à la campagne avec Apu, en souhaitant qu'il devienne prêtre. Cependant, Apu désire poursuivre ses études, et sa mère finit par accepter, sacrifiant toutes ses ressources pour lui.
Apu travaille remarquablement bien à l'école, et finit par obtenir une bourse pour aller faire des études à Calcutta, au grand dam de sa mère, qui voit son unique soutien disparaître. Elle consent toutefois à lui donner toutes ses économies.
À Calcutta, ville cruelle, Apu doit trouver du travail pour payer ses études et ses frais quotidiens : il étudie le jour, et travaille la nuit à l'imprimerie "Royal Press". Au collège, il fait la connaissance de Pulu, qui devient son ami. À la période des vacances, il rentre au village pour voir sa mère, tombée très malade. Mais il s'ennuie vite, et retourne bientôt à la vie urbaine de Calcutta. Sarbojaya, toujours malade, ne veut pas qu'on dérange Apu, et celui-ci, averti trop tard, en pleine période d'examens, arrive après la mort de sa mère, et ne trouve que son vieil oncle. Il lui dit qu'il accomplira les derniers rites pour elle, avant de repartir pour Calcutta, vers sa vie d'adulte.
Deuxième volet de la trilogie d'Apu. Les personnages sont transférés dans divers lieux : Bénarès, un village, Calcutta. A cause de cela le film est placé sous le signe d'un certain appauvrissement de leur vie sociale et familiale. Mort du père, exil, séparation : Satyajit Ray décrit avec une douceur infinie et une émotion discrètement sublimée, les épreuves que vivent ses héros. A travers toute la durée du film, et plus spécialement dans sa dernière demi-heure, l'accent est mis sur la relation mère-fils ayant, dans la présence comme dans l'absence, une rare intensité. Sollicitude inquiète et parfois jalouse de la mère. Egoïsme instinctif d'Apu, soudain corrigé.
(Apur Sansar)
Inde/1958/1h40/N&B/VOST (Bengali/Fr)/Drame de la maturité
Générique
Réalisateur : Satyajit Ray
Scénario : Satyajit Ray, d'après le roman "Pather Panchali" de Bibhutibhusan Banerjee
Acteurs : Soumitra Chatterjee (Apurba Roy), Sharmila Tagore (Aparna), Alok Chakravarty (Kajal), Swapan Mukherjee (Pulu), Dhiresh Majumdar (Shashinarayan), Sefalika Devi (sa femme), Dhiren Ghosh (le propriétaire foncier)
Image : Subrata Mitra
Montage : Dulal Dutta
Musique : Ravi Shankar
Direction artistique : Bansi Chandragupta
Production : Satyajit Ray Productions
Le film
À Calcutta, dans les années trente, Apu doit renoncer à poursuivre ses études, et cherche du travail, sans succès : soit on lui rétorque qu'il est trop qualifié, soit on ne lui laisse qu'un travail vraiment ingrat. Par ailleurs, il écrit un roman autobiographique. Son ami Pulu, issu d'un milieu aisé, vient lui rendre visite et l'invite à dîner. Il lui propose un travail de bureau mais l'emmène auparavant dans sa famille, à la campagne, assister au mariage de sa cousine Aparna. Or, celui-ci est compromis, le fiancé ayant perdu la raison. Pour éviter la malédiction qui frapperait la jeune fille si elle ne se mariait pas au jour dit, Pulu demande à Apu de l'épouser. Interloqué, Apu accepte cependant cette offre inattendue, et ramène la jolie Aparna chez lui.
À Calcutta, les jeunes mariés mènent une vie insouciante et heureuse, même si Aparna éprouve du mal à s'adapter à la grande ville. Apu, lui, est devenu un bureaucrate comme tant d'autres. Le couple habite un appartement très modeste, non loin de la voie ferrée, qui rappelle à Apu ses allées et venues à la ville.
Enceinte, Aparna part accoucher dans sa famille, mais elle meurt en mettant au monde son fils, Kajal. Apu, qui rend celui-ci responsable de la mort de sa mère, refuse de le voir, et retourne en ville pour poursuivre la rédaction de son livre dans des conditions matérielles plus que difficiles. Un jour, renonçant à son roman, il part jeter son manuscrit dans la forêt.
Cinq années ont passé. À l'instigation de Pulu, Apu retourne au village de sa femme y retrouver Kajal. Malgré un accueil très dur, il finit par se réconcilier avec lui, et tous deux repartent vers Calcutta.
A chaque étape de sa vie, Apu a dû perdre ou quitter ce qu'il chérissait le plus au monde. Ces épreuves, qui font de la trilogie une saga lyrique de la souffrance et de la frustration, ont pu souvent désespérer Apu. Elles ne l'ont jamais transformé en un être complètement amer. Elles lui ont enseigné les vérités fondamentales de la vie et, lorsque nous le quittons, il est devenu un homme à peu près réconcilié avec lui-même et avec le monde. A mi-chemin entre le pessimisme et la sérénité, le style de Satyajit Ray tend à accorder le plus de prix possible à chacun des instants, des décors, des paysages, des rencontres qui ont jalonné l'itinéraire et l'apprentissage du héros.
Il est étonnant de constater avec quelle économie de moyens Satyajit Ray réussit à rendre attachants ses personnages et, par exemple, celui d'Aparna, l'épouse d'Apu, dont la vie est si brève dans le récit et la mort si déchirante pour le spectateur.
Les secrets de l'art de Satyajit Ray sont plus simples à énumérer qu'à utiliser : la contemplation, l'attention passionnée aux être, la lenteur du rythme (qui n'empêche pas l'arrivée de beaucoup d'événements) et un recours très habile et quasi invisible mais idéalement adaptés à l'effet particulier qu'ils veulent produire. Ainsi la présence d'Aparna est-elle prolongée dans le récit, avant l'annonce brutale de sa mort, par sa lecture en voix off de la lettre qu'elle a écrit à Apu et que celui-ci relit au bureau, dans l'autobus et sur le chemin de la maison.
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/rays/rays.htm
http://satyajitray.ucsc.edu/filmography.html
http://www.films-sans-frontieres.fr/
Jacques Lourcelles, dictionnaire du cinéma
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C'est en été 2007 avec le film documentaire " Dogora, Ouvrons les yeux" de Patrice Leconte que la première édition du Cinéma sous les étoiles de Clansayes à « vu le jour » en soirée privée. C'est grâce à l'association "Vivre à Clansayes", à Patrice Leconte et avec le soutien de la municipalité que ce très beau film sur le Cambodge sur une musique d Etienne Péruchon, a été projeté sous les étoiles de la place Bertrand de Clansayes.
En 2008 soucieux de pérenniser cette manifestation et de conserver la veine "documentaire" et sur les propositions de Claude Devillard, Nanouk l'Esquimau (film documentaire sur les Inuits) réalisé en 1922 par Robert Flaherty et Minik, l'Esquimau déraciné, documentaire réalisé par Axel Engstfeld en 2005 ont été présentés au public. Avant la projection du film une petite restauration avec buvette était proposée aux spectateurs, et bien sûr il y avait des esquimaux au menu !
En 2009 la rencontre du mois de janvier avec les représentants des associations des cinq villages de Clansayes, Chamaret, Chantemerle-lès-Grignan, La Garde-Adhémar et Valaurie nous a permis de réaliser que nous avions un potentiel culturel complémentaire pour fédérer nos communes et nos ressources. Ainsi la manifestation "Cinq villages font leur Cinéma sous les étoiles" est née de cette rencontre. Toujours dans l'esprit de proposer au public des chefs d'œuvres du cinéma, Claude Devillard, le conseiller artistique de l'équipe a proposé cinq films en noir et blanc, réalisés entre 1927 et 1958, toujours à caractère documentaire, pour les projections du 30 juillet au 3 août 2009.
(Chang : a drama of the wilderness)
USA/1927/1h06/N&B/Muet/VOST/Documentaire d'aventure
En 1926, un directeur de la Paramount, enthousiasmé par les films d'exploration, donne carte blanche à Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack pour réaliser un « mélodrame mettant en scène l'homme, la jungle et les bêtes sauvages », des histoires de tigres mangeurs d'hommes. Cooper et Schoedsack vont passer près de 3 années dans la jungle du SIAM (aujourd'hui La Thaïlande)
CHANG ne comporte aucun effet spécial ni prise de vue en studio. Tout a été réalisé à partir d'abris.
La scène cruciale du déferlement des éléphants, devenue légendaire, faillit coûter la vie à E. Schoedsack. Plus de 300 éléphants sont passés sur la fosse dans laquelle se trouvait la caméra, avant que Schoedsack ne puisse sortir du trou. A cela il faut ajouter que Schoedsack attrapa la malaria et sept villageois moururent du choléra. Le tournage dura quatorze mois.
Pendant 60 ans, CHANG fut considéré comme un film « perdu ». Des copies existaient mais les droits du film avaient disparu. En 1988 la société MILESTONE FILM AND VIDEO est créée dans le but de distribuer et promouvoir des films oubliés de l'époque du muet. Leur première mission, retrouver CHANG. Milestone découvre le propriétaire des droits et d'une copie 35mm parfaitement conservée.
CHANG est donc à nouveau visible. Le 30 juillet 2009, nous avons projeté une copie DVD fournie par LES FILMS DU PARADOXE, PARIS. Les intertitres n'étaient pas de très bonne qualité.
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Parmi les lions, tigres et panthères, on découvre d'étranges petits animaux :
- le pangolin drôle de mammifère sans dents de la famille des fourmiliers dont le corps est recouvert d'écailles.
- la mangouste, petit carnivore de l'Afrique et de l'Asie avec de toutes petites oreilles rondes et une grande queue, que Kru utilise pour éliminer les reptiles et les rats.
- le python, serpent de très grande taille (jusqu'à 10 mètres) des forêts tropicales d'Afrique et d'Asie, qui broie sa proie entre ses anneaux avant de l'avaler.
Réalisateurs : Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack
Scénaristes : Achmed Abdullah, Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack
Acteurs : Kru (le père), Chantui (la mère), Nah (le fils), Ladah (la fille), Bimbo (le singe), 500 chasseurs, près de 400 éléphants prêtés par le prince YUGALA, frère du roi de Siam
Image : Ernest B. Schoedsack
Société de production : Famous Players-Lasky Corporation
En 1920, Merian C. Cooper est volontaire dans un escadron de soutien à l'armée polonaise en guerre avec la Russie Soviétique, c'est à ce moment qu'il rencontre celui qui deviendra son meilleur ami et son futur associé de production Ernest E. Schoedsack. Le 26 juillet 1920, son avion est abattu et il passera 9 mois de captivité dans un camp de prisonniers de guerre. Il s'échappe juste avant la fin des hostilités.
En 1925, Cooper et Schoedsack réalisent leur première coproduction : GRASS : A NATION'S BATTLE FOR LIFE qui montre les coutumes de migration en Iran de la tribu BAKHTIARI. Ensuite c'est CHANG terminé en 1927, THE FOUR FEATHERS/Les 4 plumes en 1929 et KING KONG en 1933.
De son côté, Ernest E. Schoedsack a réalisé THE MOST DANGEROUS GAME/Les chasses du comte Zaroff en 1932.
http://www.filmsduparadoxe.com/chang.html
http://www.silentera.com/info/articles/heiss-pord2003.html
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/schoedsack/schoedsack.htm
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(Berlin - Sinfonie einer Großstadt)
Allemagne/1927/1h05/N&B/Muet/VOST/Documentaire, hymne expérimental
Acte 1 : Un train s'approche de Berlin. Il entre en gare. 5 heures. Les cheminots s'activent en direction de la gare ou des tramways. Les hauts fourneaux et les usines robotisées fonctionnent à plein. Les gens affluent dans les gares.
Acte 2 : 8 heures. Les employés se dirigent vers leurs bureaux, les vitrines ouvrent, le marché ouvre. Le métro est bondé.
Acte 3 : Quelques scènes dans la rue : une altercation, une passante qui fait de l'œil, les gens courent, appellent
Acte 4 : Midi. Les machines s'arrêtent, les enfants jouent dans les rues. Les animaux du zoo reçoivent leurs visiteurs du dimanche. La course reprend puis s'arrête. C'est dimanche et ses activités sportives : natation, course, tennis, aviron.
Acte 5 : Minuit. Les cinémas passent Tom Mix, Chaplin. Les girls se préparent, ouverture d'un concert symphonique, cabarets
Le film se structure comme une symphonie visuelle, dans laquelle les Berlinois de 1927 jouent leur partition.
Contrairement à L'Homme à la Caméra de Vertov, les prises de vues sont classiques, presque esthétisantes et rythmées par les seuls mouvements des passants alternativement rapides ou lents avec des changements d'axes qui évoquent le flux de l'activité d'une grande ville.
Dans les épisodes 1, 2 et 4, une horloge indique l'heure comme si le film se déroulait sur une seule journée.
Une partie de l'épisode 4 évoque pourtant la journée du dimanche avec ses activités de détente.
Le film projeté le lundi 3 août 2009 est une version de 1446 m. restaurée en 2007 par le Filmmuseum München et la Cinémathèque allemande. Un coffret de 2 dvd regroupant toute la filmographie de Walther Ruttman est disponible depuis janvier 2009 sur http://www.edition-filmmuseum.com/ ou http://www.amazon.de.
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Réalisateur : Walter Ruttmann
Scénario : Walter Ruttmann, Karl Freund, d'après une idée de Carl Mayer
Acteurs : Paul von Hindenburg
Musique : Edmund Meisel
Image : Reimar Kuntze, Robert Baberske, Laszlo Schäffer, Karl Freund (nc)
Montage : Walter Ruttmann (nc)
Direction artistique : Erich Kettelhut (nc)
Première : 23 septembre 1927 (Tauentzien-Palast, Berlin)
Production : Deutsche Vereinsfilm AG, Berlin ; Fox Europa Film
Walter Ruttmann (1887 - 1941)
Fils d'un commerçant aisé, il étudie l'architecture à Zurich à partir de 1907, puis la peinture à Munich en 1909, et ensuite à Marburg. Premiers succès en tant que peintre. Service militaire en 1913 ; lieutenant d'artillerie en 1914 et officier responsable de la protection contre les gaz sur le front de l'est ; séjours en sanatorium, puis retour à la maison en 1917, en pacifiste convaincu. Il se remet à peindre, surtout des œuvres abstraites, s'intéresse à la théorie cinématographique et crée en 1919, près de Munich, sa propre société cinématographique.
Sur son banc de trucage, conçu par lui-même et breveté par la suite, il crée "Lichtspiel Opus I" (1919-21). Ce film expérimental de dix minutes, composé de plus de 10 000 images colorées séparément (souvent des motifs de vagues), est le premier film d'animation « absolu » en Allemagne. Trois autres courts métrages abstraits verront le jour jusqu'en 1925 : "Lichtspiel Opus II", "Ruttmann Opus III" et "Ruttmann Opus IV", dans lesquels Walter Ruttmann affine sa technique pour devenir l'un des principaux représentants du cinéma d'avant-garde des années 1920.
Après des films publicitaires pour Julius Pinschewer, Walter Ruttman réalise la séquence du rêve dans les "Nibelungen" de Fritz Lang (1922-24). Pour Lotte Reiniger, il crée les arrière-plans animés et les effets spéciaux pour le long-métrage d'animation (en silhouettes de papier découpées) "L'Histoire du Prince Ahmed" (1923-26).
Le chef-d'œuvre de Walter Ruttmann reste le film documentaire expérimental "Berlin, symphonie d'une grande ville" (1926/27), film de 65 minutes construit sur une structure musicale, qui présente une journée de printemps à Berlin, de l'aube au crépuscule. Avec ses images de trains, de machines, de bureaux, de voitures, de sport et de vie nocturne, Ruttmann entend créer une réalité artistique et griser le spectateur ; il convaincra peut-être certains, qui considèrent "Berlin" comme le principal événement cinématographique de l'époque, tandis que d'autres déploreront que le film ne montre pas la vie réelle des Berlinois, mais reste superficiel et formaliste.
En 1928, expérimentations sonores : "Deutscher Rundfunk". En 1929, il participe au congrès du film indépendant à La Sarraz (Suisse). Le deuxième long métrage de Walter Ruttmann, "Mélodie du monde" (1928/29), "film documentaire symphonique" pour la ligne Hambourg-Amérique, est le premier long métrage parlant allemand. En 1932/33, Ruttmann tourne "Acciaio", en Italie, un film sur l'amour et la jalousie entre deux ouvriers métallurgistes ; en 1934, il écrit une intrigue par la suite non réutilisée pour le film de Leni Riefenstahl sur le congrès du parti nazi, "Le Triomphe de la volonté". Il travaillera ensuite comme réalisateur de films publicitaires à l'Ufa, tournera des films culturels, publicitaires, industriels et autres films de propagande. Les films industriels "Metall des Himmels" (1934/35) et "Mannesmann" (1936/37) seront distingués à Venise, à Bruxelles et à Paris.
http://www.edition-filmmuseum.com/product_info.php/info/p70_Berlin--die-Sinfonie-der-Gro-stadt---Melodie-der-Welt.html
http://www.arte.tv/fr/Berlin-symphonie-d-une-grande-ville/1754610,CmC=1754606.html
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/ruttmann/berlinsymphoniedunegrandeville.htm
http://www.silentera.com/PSFL/data/B/BerlindieSinfonieeiner1927.html
http://www.uclalive.org/Press_Releases/BerlinSymphonyofCity.pdf
http://french.imdb.com/title/tt0017668/
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