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Clansayes, mardi 2 août 2011 - Salle des Fêtes

A 18h00 - Nana

France/1926/2h20/Muet/N&B/Musique: Marc-Olivier Dupin/Drame

Le film de 1926

nana-1926

Sous le Second Empire, Nana, une petite " théâtreuse " assez vulgaire de moins de vingt ans, à l'aise dans les pièces faciles et qui ambitionne de jouer les grandes dames, devient, grâce à ses succès masculins, une courtisane avide de luxe et de plaisirs. Elle abandonne bientôt la scène pour la vie galante. Un jeune prétendant, pour la conserver, s'endette, triche au jeu et se suicide. Le Comte Muffat, premier chambellan de l'Impératrice, devient l'esclave rampant de cette enfant capricieuse et pourvoit généreusement à ses goûts somptuaires. Nana le trompe allègrement et dilapide son argent aux courses et en beuveries. Reprise par le démon des planches, elle se produit au bal Mabille dans un cancan endiablé. Mais le destin veille : Nana est atteinte par la petite vérole et meurt dans d'atroces souffrances.

Générique

Réalisateur : Jean Renoir
Acteurs : Catherine Hessling (Nana), Jean Angelo (le comte de Vandeuvres), Werner Krauss (le comte Muffat), Raymond Guérin-Catelain (Georges Hugon), Jacqueline Forzane (le comtesse Sabine Muffat), Valeska Gert (Zoé), Karl Harbacher (Francis), Pierre Philippe (Bordenave), Claude Moore (Fauchery), Nita Romani (Satin), Jacqueline Ford (Rose Mignon), Pierre Champagne (La Faloise), René Koval (Fontan), Marie Prévost (Gaga), André Cerf (Le Tigre), Pierre Braunberger (un spectateur), Raymond Turgy (un spectateur)
Scénario : Pierre Lestringuez, d'après le roman d'Émile Zola
Photographie : Edmund Corwin, Jean Bachelet
Décorateur/Costumier : Claude Autant-Lara
Montage : Jean Renoir
Société de production : Les Films Jean Renoir
Producteur : Pierre Braunberger   
Distributeur d'origine : Etablissements Braunberger-Richebé (Billancourt)
Distributeur actuel : TAMASSA Diffusion
Dates de tournage : Octobre 1925 à février 1926
Lieux de tournage : Intérieurs à Grunewald (Berlin) et aux Studios Gaumont (Paris); Extérieurs à Montigny dans les environs de Paris
Première : Juin 1926, Aubert-Palace, Paris

A propos de cette œuvre

Pour François Truffaut :
nana-1926-2"Nana fut réalisé sous l'influence directe de Folies de femmes de Stroheim; c'est probablement pourquoi la cupidité de l'héroïne est à ce point soulignée ; c'est aussi pour la même raison, le seul film de Renoir où l'argent tient une si grande place. Mais ce qu'il y a de neuf et de fortement personnel, c'est le parallélisme constant entre les valets et les maîtres. Renoir se souviendra de Nana en tournant La règle du jeu puis Le journal d'une femme de chambre.
Par réaction probablement contre le guindé de son film précédent (La fille de l'eau), Renoir se rapproche ici des personnages, filmés constamment en plans américains*, collés aux murs à tel point qu'il faut l'un des quatre très longs travellings, effectués sur le châssis d'une vieille Ford aux pneus dégonflés, pour se rendre compte du luxe et de l'ampleur des décors (parfois truqués) dessinés par Claude Autant-Lara. On trouve dans Nana ce que deviendra la thématique de Renoir : l'amour du spectacle, la femme qui se trompe sur sa vocation, la comédienne qui se cherche, l'amoureux qui meurt de sa sincérité, le politicien éperdu, l'homme créateur de spectacles. Bref Nana rime avec Elena.
Pour Renoir, Nana est le premier de ses films "qui vaille la peine qu'on en parle". Il coûta exactement un million et, bien qu'il fut projeté avec un certain succès, fut un échec financier. Jean Renoir qui était son propre financier fut complètement ruiné. Il exécuta alors un "travail de commande" (Marquitta) tout en continuant à tourner pour son propre plaisir (Charleston)".

Pour Jacques Lourcelles, dictionnaire du cinéma (extraits)
"Le choix du sujet témoigne de la fascination de Renoir pour le naturalisme, tandis que la forme exprime avec maladresse et confusion, un désir de métamorphoser ce naturalisme. Par la nudité d'un certain nombre de décors (sauf ceux du palais de Nana qui sont baroques et subissent l'influence de Stroheim), par un jeu stylisé, souvent mécanique et saccadé, imposé aux acteurs (Catherine Hessling en petite poupée exsangue maquillée à la japonaise), le film tend vers l'abstraction. En tout cas le naturalisme de Nana manque singulièrement de chair, de réalisme et d'émotions."

* Le plan américain est une manière de cadrer un personnage ou un groupe de personnages à mi-cuisse, au cinéma comme en photographie. (fr.wikipedia.org)

 

Citations

"NANA fut la dernière adaptation muette de Zola écrivain qui devait avoir sur Renoir une profonde influence (..) les scènes étaient toutes dominées par la personnalité excentrique de Catherine Hessling dont le mari disait alors qu'elle était aussi impossible à filmer qu'un "beau tigre au jardin des plantes" ?"
Georges Sadoul, HISTOIRE GENERALE DU CINEMA

 

"Le film porte les traces des incertitudes stylistiques dont souffrait le cinéma français de l'époque, déchiré entre l'exemple américain, l'exemple allemand, la culture de la bourgeoisie française et les obligations de plaire à un large public."
Raymond Durgnat, JEAN RENOIR (1974)

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